18.05.2012

L'écume des jours

L'écume des jours est un roman qui fut écrit par Boris Vian et publié en 1947.

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Ces derniers temps je suis prise par l’envie de relire mes « vieux » livres présent dans ma bibliothèque, histoire de me remémorer un peu les histoires devenues floues. C’est ainsi que je suis retombée sur cette œuvre classique de Boris Vian, que j’avais étudiée au collège. Pour être honnête, je n’en avais gardé qu’un souvenir d’ennui. Voilà donc pourquoi j’ai décidé de le relire, histoire de mieux comprendre l’œuvre, mais surtout pour la redécouvrir avec des yeux nouveaux. C’est ainsi que je me suis lancée à corps perdu dans la lecture et j’ai enfin pu apprécier à sa juste valeur la poésie de Vian.

 

Vian nous plonge à sa manière dans un monde qui semble proche du notre, mais qui en même temps est complètement à l’opposé de notre réalité. Dans cet univers décalé où la poésie prend le pas sur les choses et les gens, on découvre Colin, un jeune homme riche qui apparaît assez vite comme étant gentil mais niais. Loin du héros de roman classique, Colin ressemble plutôt à un stéréotype de second qui n’a pas beaucoup voire aucune qualité. Il n’a pratiquement aucune activité, à part celle de parler cuisine avec son cuisinier, de faire du patin, d’écouter du jazz, de manger et de dormir. Le travail est un concept qui lui fait horreur, et il est presque toujours assisté dans ses gestes ou actions. Malgré ce portrait qui paraît assez creux, Colin reste bel et bien le héros de cette littérature romantique.

A ses côtés évolue Chick, un homme de condition moyenne, qui au contraire de Colin doit travailler pour subvenir à ses besoins. C’est un personnage qui semble sympathique au premier abord, plus que le héros, mais il se révèle n’être qu’un profiteur pour qui seule sa passion de Jean-Sol Partre compte. C’est lors d’une conférence de ce grand philosophe qu’il va faire la connaissance d’Alise, une charmante jeune fille qui n’hésite pas à quitter son domicile pour vivre avec son amour.

Grâce à ses amis, Colin va faire la connaissance de Chloé, et c’est l’amour fou entre les deux protagonistes. Ils se retrouvent tous les deux dans leur côté niais et fainéant. Alors que tout commençait pour le mieux dans un monde où les souris sont amis avec les gens, où les poissons nages dans les conduits d’eau et se retrouvent dans les lavabos, où jouer du piano peut vous donner un cocktail, où la chaleur humaine fait pousser des fusils, où les maisons peuvent rétrécir etc. Vian nous raconte un drame qui va prendre des proportions importantes, sans s’éloigner de cette magie poétique. On est captivé par cette histoire, pourtant il est difficile de se sentir proches des personnages principaux, tant ils semblent creux ou détestable. Malgré leur côté négatif, on espère que tout va s’arranger.

L’histoire met du temps à évoluer, Vian s’amuse à installer le contexte petit à petit, mais quand tout bascule, ce n’est pas en demi-teinte. Le rythme finit par s’accélérer, et quand les changements surviennent aux personnages, c’est également leur environnement qui en pâtit.

Cette relecture a été une magnifique redécouverte. La poésie est un magnifique outil pour décrire drame ou évènement heureux, mais l’impact n’en est pas atténué pour autant.

C’est une œuvre à lire absolument une fois dans sa vie.  

10.05.2012

Rubber

Rubber est une comédie horrifique française, réalisée par Quentin Dupieux, sortit en 2010.

Avec: Stephen Spinella, Roxanne Mesquida, Jack Plotnick...

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Synopsis: Dans le désert californien, des spectateurs incrédules assistent aux aventures d’un pneu tueur et télépathe, mystérieusement attiré par une jolie jeune fille. Une enquête commence.


Rien qu’en voyant la bande annonce vous savez que vous aurez affaire à un film plus que bizarre. Et côté étrangeté, vous pouvez être certain de ne pas être déçus. On plonge dans l’ambiance particulière dans le début : un homme sur un petit chemin cahoteux au milieu du désert, des jumelles à la main. Une voiture apparaît dans le champ du fond et avance doucement vers nous, prenant soin de faire des zigzags et de heurter des chaises qui se trouvent là. Premier haussement de sourcils. On reste un peu sceptique face à  cette entrée. Une fois la voiture stoppée, un shérif sort du coffre, prend un verre d’eau et s’approche de la caméra. Ok, normal, tout va bien. Il nous fait un petit speech qui a l’air intéressant, puisqu’il pointe le doigt sur la justification de certains choix dans les films : pourquoi E.T est-il marron ? Pourquoi deux personnages tombent-ils fou amoureux l’un de l’autre ? Pourquoi ne voit-on pas les personnages aller aux toilettes dans Massacre à la tronçonneuse ? (de mon point de vue personnel, cette question là est plus qu’idiote). La réponse du shérif est toute simple : il n’y a aucune raison. Voilà donc la justification du film : il n’y pas plus de raison à avoir un pneu tueur qu’un E.T marron. Avouons que cela prête à sourire. C’est d’ailleurs ça qui attire les spectateurs au premier abord : un pneu tueur, quésaco ? Je suis tombée dans le piège, m’attendant à voir un navet ou pourquoi pas un nanard, et surtout m’attendant à rire un peu. Ce qui ne m’est jamais arrivé au final.

Après l’étrange monologue du shérif, qui repart vite, on s’aperçoit qu’il s’adressait en fait à des gens, tenus derrière un cordon rouge. On va comprendre qu’en fait ce sont des spectateurs (d’où l’utilité des jumelles) qui vont assister à un film en direct. Ils vont donc suivre la naissance de Robert, petit pneu abandonné dans le sable du désert. Le gentil petit pneu va s’amuser à rouler dans le désert, son apprentissage du monde accompagné par une petite musique guillerette. Il va encore mieux s’éclater en écrasant une bouteille en plastique, puis un scorpion. Quelle insouciance ! C’en est presque beau… Mais le premier drame survient pour Robert : une bouteille en verre lui fait obstacle. Oh la vilaine bouteille qui ne se veut pas se casser. Notre petit pneu est pris de convulsion, énervé, et paf ! la bouteille explose. Un pneu télépathe, si c’est pas mignon quand même. Les spectateurs sont ravis, ils s’esclaffent de bonheur, ils commentent. Ce que nous voyons, c’est une parodie de nous-mêmes au cinéma, et les clichés sont assez bien représentés.

Le voyage de notre ami va continuer et l’amener sur une route presque déserte, où il va rencontrer une belle fille dans une belle décapotable. Voilà donc la petite touche romanesque du film. Mais un méchant conducteur va faire valser Robert alors que ce dernier se rapprochait de son nouvel amour. Pas content, notre pneu décide de faire la fête au gars et lui explose donc tout naturellement sa tête. L’action arrive, enfin !

Et Robert le stalker reprend sa route, à la poursuite de sa bien-aimée, qu’il va retrouver dans un motel perdu dans le désert. Séquence magique ici entre meurtre et espionnage dans la piscine, puis une sorte de tentative de suicide de Robert (impossible à savoir exactement). Notre souffle en est coupé… par les bâillements qui annoncent un profond ennui.

Mais voilà un retournement de situation qui continue dans la lignée du n’importe quoi. Sans aucune raison, les spectateurs se font empoisonner par leur guide. Cela semble être en fait un rituel de ces séances de cinéma dans le désert. Bizarrerie, quand tu nous tiens. La séance est donc annulée, on arrête le tournage. Du moins c’est que tente le shérif en essayant de faire comprendre à ses associés que tout ce qui est arrivé n’est pas réel. Ok… les acteurs ne sont pas au courant qu’ils sont acteurs et que tout est bidon. Logique. Hélas pour le shérif, un spectateur n’est pas mort, il faut donc continuer le film. De plus, la réalité a rejoint la fiction. Lui qui pensait que rien n’était vrai, Robert tue vraiment les gens par la pensée.

Et on plonge dans les dernières séquences : séquence émotion avec Robert qui découvre le sort de pneus qu’on brûle (on sent que sa haine envers les humains va être attisée), séquence on file le tueur et on tente de l’arrêter. Tout ça est d’une lenteur à vous endormir.

Le shérif va finir par en avoir marre, et va tuer Robert de coups de fusils (c’était compliqué de faire ça dès le départ) et s’en va. Mais notre tueur atypique se réincarne en tricycle et se dirige vers Los Angeles, réveillant au fur et à mesure de sa progression d’autres pneus. Annonciateur de la prise de pouvoir de la ville par des pneus, d’une nouvelle carrière cinématographique pour Robert ou d’une suite à ce film ? On s’en fiche puisqu’on est heureux que tout soit enfin terminé.

Rubber semble être un exercice de démonstration de la part du réalisateur, qui joue avec les clichés tout au long de l’histoire. Au nom du « il n’y a aucune raison », on peut faire ce qu’on veut, quitte à torturer mentalement le spectateur. Parce que le film est plat, alors qu’on attend un peu d’action, elle ne vient jamais réellement. Comme quoi, sans un minimum de dynamisme, la mayonnaise ne peut pas prendre. Le point positif se retrouve dans la réalisation et la photographie, qui relèvent le niveau du film. Malgré tout, ce film reste une torture pour moi, et je ne vous le conseille vraiment pas. 


09.05.2012

Hapi Mari (Happy Marriage!?)

Hapi Mari est un josei écrit par ENJOJI Maki. La parution a commencé en 2009 et il existe à ce jour 9 tomes au Japon.

 

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Synopsis: Chiwa Takanashi, 22 ans, aucun petit ami connu, est une employée de bureau “presque banale”…Mais pour rembourser les dettes de son père, elle mène une double vie, travaillant le soir dans un bar à hôtesses. Un jour, son secret est dévoilé, et soudain… la voilà mariée !  Entre mariage de raison et sentiments contradictoires, Chiwa va découvrir du jour au lendemain les joies et les galères de la vie de couple !

 

L'histoire de fond de ce manga ressemble assez à celle d'un shojo classique: un garçon et une fille que tout oppose finissent par tomber amoureux. On retrouve même d'autres petites caractéristiques telles que: l'innocence, la naïveté, l'entêtement, le charme imposant de l'homme ainsi que sa popularité, la jeune fille prête à tout par amour.

Malgré ces points communs, Hapi Mari a bel et bien sa petite touche différente (heureusement, sinon quel serait l'intérêt de lire les mêmes choses me direz-vous?), qui rend ce josei très populaire. Il diffère par sa manière d'aborder le sujet, par l'évolution de l'histoire et par le drame en arrière-plan qui apporte de la matière à l'histoire. Et puis, bien sûr c'est un josei. La différence avec un shojo? c'est qu'il se destine à des filles plus âgées et contient des caractères sexuels, ou violents. Ici, on a droit à quelques scènes bien romantiques et dénudées, mais qui ne tombent pas dans le hentai (porno).

On a donc Chiwa, une jeune fille naïve de l'amour: à 22 ans, elle n'a jamais eu de petits amis. En fait, l'amour est plutôt le cadet de ses soucis, au grand désespoir de ses deux collègues de boulot. Car Chiwa a d'autres soucis en tête; elle doit éponger la dette de son père qui n'en finit jamais. C'est pourquoi elle cumule deux boulots: employée la journée et hôtesse le soir. Lors d'une soirée, elle fait la connaissance d'un homme charmant, qui lui demande d'arrêter son travail. Outrée, elle s'énerve, lui jette son verre à la figure, et perd ainsi son boulot. Malgré la nouvelle situation un peu désespérée, une offre va lui être faite, qu'elle acceptera presque sans hésiter: se marier avec son patron, en échange de l'effacement de toutes ses dettes. Mais quelle surprise en découvrant son patron! (bin oui, normal, elle ne l'avait jamais vu en employée modèle qu'elle est...), car ce n'est autre que le goujat de la veille!   Après avoir réfléchi, elle accepte cette proposition, et la voilà donc mariée à Hokuto, un homme assez cassant, bordélique, qui paraît assez détestable au premier abord. 

Forcés de vivre ensemble, leur début de couple est quelque peu chaotique. Pourtant, Chiwa va finir par prendre son rôle au sérieux, surtout après avoir entendu la triste histoire d'Hokuto, fils illégitime d'une prestigieuse famille. Et c'est comme ça qu'elle va tomber amoureuse de son mari. Heureusement pour elle, cet amour va être réciproque, mais c'est là que les ennuis vont commencer. Entre incompréhension, jalousie, maladresse, cette initiation à la découverte de l'autre ne va pas être des plus faciles. 

On accroche facilement à cette histoire, découvrant avec amusement leur rapprochement timide, voire hésitant et maladroit. L'histoire ne se perd pas en mièvrerie comme ça aurait pu être le cas, et cela essentiellement grâce au personnage d'Hokuto. Car il faut être honnête, le point négatif ici, c'est bien le personnage de Chiwa, chiante et casse-pied au possible. Même si on comprend que ses motivations partent d'un bon sentiment, (l'amour aveugle qu'elle porte à son mari), elle agit la plupart du temps impulsivement et bêtement. Elle est d'une bêtise et d'une dévotion exaspérante qui énerve grandement au fur et à mesure de la lecture. Seul le personnage d'Hokuto évolue, et cela grâce à son catalyseur qui n'est autre que sa femme. Pourtant, l'inverse devrait être vrai. 

Le manga étant encore en cours, on pourrait espérer que Chiwa change et devienne un peu plus mature, réfléchisse avant d'agir comme une imbécile. Il serait aussi intéressant de voir l'histoire du point de vue d'Hokuto. Mais il semblerait qu'il ne reste plus qu'un tome à paraître, mes envies n'auront sûrement donc pas lieu. Dommage, car cela aurait rendu le manga meilleur qu'il n'est actuellement.

Mais si vous êtes friands d'histoires amoureuses, n'hésitez pas une seconde.


 

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27.04.2012

Joueur du Grenier

Nouvelle vidéo de notre ami Grenier, qui semble se laisser pousser les cheveux. 

Il s'attaque cette fois-ci à Airwolf (Supercopter pour nous) et nous montre l'absurdité des jeux. 

 

Equilibrium

Equilibrium est un film américain d'action, de science-fiction réalisé par Kurt Wimmer, sortit en 2002.

Avec: Christian Bale, Sean Bean, Emily Watson, Taye Diggs...

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SynopsisDans les années 2070, dans la citadelle de Libria, les émotions n'existent plus, supprimées par l'absorption quotidienne de Prozium. Cette drogue anti-anxiété rend les gens plus heureux et plus productifs. Les individus ont ainsi accepté de mettre de côté leur liberté pour vivre en harmonie avec leur dirigeant spirituel connu sous le nom de Père. Les personnes qui refusent de prendre leur dose sont considérées comme des rebelles et vivent en retrait de la ville. S'ils sont pris à jeun, c'est la peine de mort assurée.

John Preston travaille au service de Père et applique la loi à la lettre. Un jour, celui-ci brise le flacon de sa dose et n'a pas le temps de s'en procurer une de rechange. Il est alors submergé par toute une gamme d'émotions. Victime d'un revirement spirituel qui le confronte à ses supérieurs hiérarchiques, il mène l'enquête sur ce nouvel état de vie.



Alors que l’on connaissait « Big Brother is watching you » (1984), on découvre dans ce film un nouveau slogan qui décrit une nouvelle forme de dystopie : « Les sentiments sont la cause de tous les maux ». Cette phrase est criante de vérité : de tout temps l’homme n’a fait que réagir face à ses émotions, le conduisant souvent aux pires actes (guerres, meurtres.)  C’est ce que nous explique le début du film. Entraîné encore une fois, l’homme a engendré une troisième guerre mondiale qui a faillit décimer la population entière. Pour éviter qu’une telle catastrophe puisse survenir à nouveau, il a été décidé que tous les sentiments seraient bannis. C’est ainsi que tous les citoyens se sont retrouvés à prendre quotidiennement leurs doses de Prozium, une drogue qui annihile toute trace d’émotions. En plus de ce médicament, toute forme d’art qui pourrait fournir des sentiments est détruite. Donc si plus personne ne ressent plus rien, alors tout devrait aller pour le mieux dans le meilleur des mondes ? Sauf que…. Et oui, sans « mais » il n’y aurait pas de film. Il existe des résistants, appelés déviants, qui refusent de perdre cette part d’humanité. Ils se sont regroupés en dehors de la ville principale, Libria, et vivent dans les « Enfers ». Leur but est de retrouver et protéger toute forme d’art : cela passe des tableaux à la musique, en passant par la littérature et divers objets de décoration.

Le film débute sur un de ces groupes de déviants. Le problème, c’est que la police arrive, accompagnée par deux recteurs du Grammaton (sortes de soldats trop forts, trop bien entraînés qui n’ont peur de rien), ce qui ne présage rien de bon. Cela se voit par les plans que l’on a sur les visages des deux recteurs, joués par Christian Bale et Sean Bean. Bale n’a pas un sourcil qui fronce, son visage est hermétiquement fermé alors que Bean laisse entrevoir qu’il a des émotions : tête baissée, regard qui fuit, front plissé, bouche ouverte en signe de consternation face au carnage qui va suivre. L’opposition entre les deux est magnifique. Cela va jusque dans les actes : Bale nous offre une séquence sublime où il décime dans une pièce totalement noire des déviants, avec son arme alors que Bean reste spectateur. L’effet rendu par les éclairs des balles sortantes est sublime. A la suite de ça, on découvre la cachette où sont entreposées les œuvres, dont la Joconde, qui partira en fumée. Bean a pratiquement les larmes aux yeux. Il n’en faut pas plus pour comprendre qu’il est lui-même un déviant.

La séquence qui suit nous dévoile le côté totalitaire de la cité de Libria. Les bâtiments sont gris, empruntés à l’architecture du 3ème Reich. Un drapeau rappelant fortement celui du nazisme flotte au-dessus des têtes, tandis que des télés géantes affichent Père, l’être supérieur qui prend soin de ses brebis, et qui sans cesse rabâche le même discours contre le danger des émotions. Père n’est autre qu’une version détournée de Big Brother. Les citoyens se ressemblent tous, ils marchent d’un même pas athlétique, ne se regardent jamais. Tous ont le même geste, celui de s’injecter le prozium dans le cou quand la cloche leur signale qu’il est l’heure. On pourrait croire à une société parfaite, mais l’on ne ressent que désolation en voyant ses images.

Bale est un homme important dans ce monde, de par sa position, mais aussi par son supériorité dans le maniement du kata armé : vous prenez les chorégraphies faites par les samouraïs, vous changez le katana par un pistolet, et vous obtenez une sorte de danse de la part du tireur. Cette technique redoutable permet à celui qui la manie de d’éviter les balles de ses adversaires, tout en faisant le plus de dégâts possibles. Ce personnage important va pourtant déchanter. Car ce que le film raconte, c’est la découverte des sentiments par Preston. Petit à petit, on voit le visage de Bale se fissurer pour afficher une émotion. Cela se fait progressivement, à mesure qu’il découvre de nouvelles sensations : la découverte d’une musique, le toucher (car tous portent des gants). Ces découvertes le transportent, mais le mettent également en danger. Son nouveau partenaire, tenace, avide de gravir les échelons, ne le lâchera pas et fera tout pour prouver que Preston est devenu un déviant. Ce dernier va se retrouver de nombreuses fois dans des situations périlleuses, nous faisant stresser, mais il s’en sort. Et cela grâce à sa technique du kata armé. On se dirige petit à petit vers une fin prometteuse, prévisible dans sa dernière séquence, mais qui n’en reste pas moins grandiose selon moi. Car à part cette scène prévisible, de nombreuses surprises nous attendent.

Ce film exploite une idée de base déjà vue mainte et mainte fois. Pourtant, l’originalité du sujet développé (les émotions), la réalisation et la performance des acteurs font qu’il se place au-dessus de bien des films. Le réalisateur et les scénaristes se sont bien sûr inspirés de grands classiques comme Fahrenheit 541 (Ray Bradbury), Le meilleur des Mondes (Aldous Huxley) et 1984 (George Orwell). Beaucoup comparent ce film à Matrix, à cause de longs manteaux noirs et des scènes chorégraphiées. Pourtant la ressemblance s’arrête là, et il serait stupide de rabaisser l’histoire à celle de Matrix.

 

Je vous conseille donc vivement de voir ce film, ou de le revoir avec des yeux nouveaux : si ce n’est pour l’histoire, alors pour la performance de Christian Bale qui m’a époustouflé.